la memoire du silence     AUTEL DU SACRIFCE

Invité par Lisie Philips, chorégraphe, qui depuis 2009 interroge par le corps et la danse les abattoirs de Nice fermés depuis plus de 20 ans. Aujourd’hui désertés, les traces du passage de l’homme et des bêtes n’en demeurent pas moins vivaces. Un interrupteur crasseux que des centaines de doigts ont quotidiennement actionné. De longs étroits couloirs autrefois carrelés d’un blanc immaculé à présent souillé et qui mènent là, où sur l’on ne souhaite pas savoir.

Il n’empêche, en appuyant sur le bouton de son appareil, Frédéric Pasquini appuie aussi sur celui de notre imagination, d’une premiere de conscience, d’un malaise diffus … Crocs de bouchers noircis devenus inutiles mais ne sait pas quoi faire ont servi. Un petit passage en enfilade qui conserve sur le flanc de sa paroi, la trace régulière et parfaite du passage des bêtes repoussées contre le mur. Un lavabo grisâtre encore surmonté d’une glace attaché par l’humidité et par un vieux savon sec et ridé … Ici, des hommes à travaillé, vécu de ce travail que vous trouverez le difficile. Révéler ce qui parait caché qui verstant, se voit à l’œil nu, c’est la démarche qui poursuit Frédéric Pasquini.

Cette expérience photographique qui rassemble l’homme et l’animal dans une cohabitation forcée de vie et de mort, le noir et blanc. Dans ce lieu prétendument éteint, les images de Frédéric Pasquini révèle que l’endroit continue d’évoluer, d’exister, même sans la présence de ceux qui autrefois l’ont occupé.

Loin d’une imagerie spectaculaire, son appareil nous ouvre des chemins au questionnement que nous posons l’approche du réel, la perception que nous en avons. La personnalité unique d’un photographe transcende la matière. Le respect porté sur l’entoure, marque une différence qui développe un univers bien à lui.

Michèle Nakash

Membre de l’agence Hans Lucas
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Frédéric pasquini 2021